portrait vigneron : Phillip Hart

L’été dernier nous avons passé 3 jours chez Mary et Phillip Hart du domaine Ambyth à Paso Robles. Notre association avait débuté il y a deux ans, mais nous n’avions jamais eu la chance de mettre les pieds au domaine : un endroit paradisiaque où il se passe de grandes choses. Ce couple autodidacte, passionné et épicurien, a tout créé à partir de rien. De l’achat d’une colline avec propriété en 2002, ils plantent 10 cépages sur 6 hectares : c’était le début d’un long processus d’apprentissage et de découverte. Le chai, lui, fut bâti juste à cote avec une vue époustouflante. Le vignoble est très pentu et est entouré de chênes et d’oliviers. Il y a des ruches, un poulailler, une vache et des moutons.

 

Phillip est une personne extrêmement curieuse. En fait il se remet constamment en question et veut apprendre afin de faire le vin le plus pur qui soit. Bien sûr, il fait face à chaque année à plusieurs défis, mais il a la ténacité des plus grands vignerons. Avec sa femme Mary, il voyage beaucoup pour rencontrer d’autres vignerons qui cultivent le raisin avec la même philosophie. Sa démarche est donc pour nous marquée par l’humilité, la sagesse. Par ailleurs Phillip fait tout le travail seul au domaine. Et toutes les installations ont été conçues pour qu’une seule personne puisse réaliser toutes les tâches de manière autonome. Tout est fait en fonction d’une seule personne. Depuis quelques temps par contre, il a un employé à temps partiel ce qui n’est pas pour nuire à la difficulté de travailler en polyculture : Phillip fait son miel, son huile d’olive, sa bière.

Le vignoble est conduit en biodynamie, sans irrigation et en gobelet dans sa plus pure d’expression. Phillip vise un rendement de 2 tonne/acre, mais n’atteint jamais plus de 0.5, voire 1 tonne dans les années généreuses. C’est en se promenant sur le domaine que l’on comprend la dureté du travail chez les Hart : des pentes abruptes, un climat aride et un refus d’irriguer : le domaine est, semble-t-il, le seul a être 100 % «dry farming» en Californie. Le sol, pour environ deux pieds, est composé d’un mélange de terre typique du coin appelé Linne Calodo avec un sous-sol argilo-calcaire.

 

La cuverie est bâtie afin de manipuler les jus par gravite. Ici, aucun produit de synthèse, aucune transformation ni filtration ne sont faits. Les futs sont méchés au soufre mais Phillip va sans doute tenter une expérience sans méchage  sur le présent millésime. Donc, depuis 2011, plus de soufre dans les vins, même pas à la mise en bouteille. Les vins sont de plus en plus digestes, avec des dégrées d’alcool bas, et dote d’une fraicheur rare pour la région.

 

Pour cet arrivage nous avons sélections trois vins issus de grenache. En rouge, un grenache noir succulent, suave et friand et qui rappelle à juste titre certains Collioure de chez Bruno Duchene. En blanc, un grenache blanc qui a vu 24 heures de macération sur les peaux. Cela lui donne une belle ampleur sur des arômes exotiques et floraux avec une tension qui vous donnera envie de finir la bouteille à la vitesse grand V. Et pour compléter le tout, un grenache blanc amphora, issu d’une expérimentation définitivement concluante sur des élevages en amphore qu’il achète en Toscane. Dans ce cas les les vins macèrent sur les peaux pour quelques jours. Ce qu’il en résulte est un vin hors norme, une bombe, un grand vin.

 

Grenache noir 2010 :  44.60$ resto / 48.50$ particulier

Grenache blanc 2012 :  44.60$ resto / 48.50$ particulier

Grenache blanc amphora 2012 :  44.60$ resto / 48.50$ particulier

 

Tous les vins sont conditionnés en carton de 6 bouteilles.

Au plaisir,

Martin pour Glou

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